Synopsis
   
   
  "Retour au pays des âmes" a eté selectionée par les festivals suivants
   
  Le film et le autheur

Retour au pays des âmes est le résultat d’une longue relation de plus de dix ans avec le monde de l’animisme africain, de Côte d’Ivoire plus particulièrement.

 

En 1997 je voyageai à ce pays pour la première fois. C’est là-bas que je connus Jean-Marie Addiafi, un intellectuel africain, de l’ethnie Akan, qui luttait pour que la sagesse ancestrale africaine ne se perde pas, mise à l’écart para la modernité et par l’imparable avancée de l’Islam et des sectes chrétiennes de tous genres. Une sagesse qui comprend une riche littérature orale, une vision du monde particulière, une pharmacopée très intéressante avec une grande connaissance des plantes médicinales de la forêt, mais aussi une spiritualité centrée au culte des ancêtres et des esprits. Cette sagesse qu’Addiafi dénomma bossonisme, coïncide à grands traits avec d’autres formes d’animisme africaines, surtout avec les nouveaux cultes Yoruba du Nigéria et du Bénin, qui furent transplantés au Nouveau Monde par les esclaves. Ce sont ainsi les prédécesseurs de la sainteté, du vaudou et du candomblé, les pratiques spirituelles de beaucoup de personnes aux Caraïbes et au Brésil, mais aussi de beaucoup d’afro-américains de Nouvelle-Orleáns.


Une spiritualité et un patrimoine culturel de plus en plus revendiqués comme un héritage important de tant d’actuels Américains. ncient african beliefs are not allien to Jordi Esteva. At the end of the 1990s, he travelled to the Côte d'Ivoire, invited by its Ministry of Culture, to see through a photographic project about drumology, the language of drums. After travelling through the country's interior for two weeks, he was not satisfied. He intuited that he was obtaining a series of images that were perhaps interesting but didn't contribute anything new. It was then that, through a series of apparent coincidences, he was able to make contact with Yéo Douley, assistant to Jean-Marie Addiafi, a scholar of animism, and Adjoumani Raujer, the son of an Abron king. Through them he met the priestess Adjoua Eponom Essouman who, following a series of rituals, received him into her sanctuary. .


 Jean-Marie Addiafi, l’intellectuel ivoirien mentionné antérieurement, me présenta à Yeo Douley, son disciple, qui m’accompagna dans mes voyages et fut mon introducteur dans ce monde. J’entrai en contacte avec Adjoua, une prêtresse animiste possédée par Mami Watta, la déesse de l’eau, et après une mise à preuve, je fus accepté dans son sanctuaire. Je pus photographier, faire des recherches et réaliser des interviews. Durant presque deux ans, je voyageai trois fois en Côte d’Ivoire pour une durée de plus de deux mois à chaque occasion. Grâce à ce lien, je gagnai leur confiance et ils me dévoilèrent beaucoup de leurs secrets et de leurs rituels. Mon livre Viaje al país de las almas (« Voyage aux pays des âmes »), publié en 1999, fut le fruit de tout cela. Depuis, je maintiens le contacte avec beaucoup des prêtresses et d’officiants animistes que j’avais portraituré pour mon livre.


Dix ans plus tard, je sentais le besoin d’y retourner et de voir ce qui était arrivé à mes prêtresses et officiants, et vérifier ce qu’il restait de tout cet univers. Puisque je suis photographe et écrivain, je décidai de me lancer et faire un film. Je ne voulais pas faire un documentaire traditionnel avec des interventions sensées d’anthropologues et de professeurs. Ce que je prétendais en réalité c’était de construire une métaphore sur un univers qui s’en va, sur les façons de voir le monde qui sont mises à l’écart para les temps nouveaux. Sur cette tradition ancestrale, de plus en plus abandonnée par les propres africains, prisonniers en quelque sorte du discours colonial.

 

Dans le film, Yéo Douley, le disciple favori d’Addiafi, l’intellectuel ivoirien qui mourut peu après la parution de mon livre, décide de voyager au village de Bettié pour réaliser une libation rituelle sur la tombe de son mentor. Mais il n’y va pas directement, il s’arrête dans plusieurs lieux qu’Addiafi lui avait montrés. Pendant le parcours initiatique, Yéo aura l’occasion d’assister a tous les rituels d’initiation importants par lesquels passent les élus par les génies, jusqu’à qu’ils soient trônés Komian ou grands prêtres animistes. Il assistera aux cérémonies de transe dans les forêts sacrées, près du grand fleuve Comoé. Il verra même comme une prêtresse animiste sera possédée par la déesse de l’eau et un prêtre animiste par l’esprit du lion. C’est un film qui apporte un regard différent et très africain, vu que le script a été élaboré conjointement avec Yéo Douley.

 

Dans le film, le tournage des cérémonies, rigoureusement authentiques et uniques, alternent avec des moments de fiction qui servent de fil conducteur, alors que finalement le même Yéo participe activement à une cérémonie dans laquelle c’est lui le protagoniste. J’ai dirigé une petite équipe de deux caméras et un ingénieur de son. Bien que j’aie tourné en vidéo HD, j’ai utilisé, sauf dans les scènes d’actions trépidantes, un Letus : un adaptateur qui me permet d’utiliser des anciennes optiques analogiques Nikon, c’est pourquoi très souvent le tournage a une facture cinématographique, puisque je peux jouer à ma guise avec la profondeur du champ.

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